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Profession : Ingénieur en sécurité  dans le secteur du bâtiment
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Risques du bâtiment : quel rôle pour l'ingénieur en sécurité ?

Face au niveau de sécurité élevé et aux risques d’attentats, la profession ingénieur en sécurité émerge dans le secteur du bâtiment. Sa mission : améliorer l’approche de la conception et de l'ingénierie des systèmes de sécurité en général. Décryptage de Mark Whyte, directeur de l’activité de conseil en résilience, sécurité et gestion de crise pour les zones Europe et Afrique chez Control Risks, société de conseil internationale.
 
 



Batiactu : Dans quel contexte évolue l’ingénieur en sécurité dans le secteur du bâtiment ?
Mark Whyte :
Les actifs immobiliers d'entreprises en Europe du Nord sont la cible d’actes terroristes depuis des dizaines d'années. Du fait de leur niveau élevé de concentration d’individus, les bâtiments d'entreprises, les espaces publics et les systèmes de transport de masse constituent aujourd’hui des cibles idéales.

Dans ce contexte, une discipline d'ingénierie de services de conseil et de conception antiterroriste (Counter Terrorism Measures- CTM) a émergé, avec l’objectif de protéger l'environnement bâti et ses occupants. L’objectif : améliorer l’approche de la conception et de l'ingénierie des systèmes de sécurité en général. De nombreuses publications exposent en détail les principes de construction et d’ingénierie destinés à protéger les structures des effets de souffle causés par les attaques terroristes, parfois regroupés sous le terme de "blast engineering". Cette documentation d’ingénierie s'est vue accompagner par la publication de textes plus nombreux à destination des responsables de la sécurité en entreprise cherchant à identifier les concepts et les mécanismes de protection des actifs immobiliers contre le terrorisme.

Batiactu : Quels types de métiers sont visés ?
Mark Whyte :
Globalement, les ingénieurs en sécurité sont soit affectés aux systèmes électroniques (ingénieurs électriques et autres), soit à la sécurité physique (génie civil etc.). Ils sont assistés par des professionnels de la sécurité au sens large chargés de l’évaluation des risques et des menaces critiques, ainsi que de l’élaboration de plans directeurs et de stratégies au niveau de la sécurité.

"D’autres professionnels de l’immobilier comme les architectes ou les experts immobiliers ou 'Chartered Surveyors' peuvent également se spécialiser dans ce domaine."



Mark Whyte, directeur de l’activité de conseil en résilience, sécurité et gestion de crise pour les zones Europe et Afrique à Control Risks
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Mark Whyte, directeur de l’activité de conseil en résilience, sécurité et gestion de crise pour les zones Europe et Afrique à Control Risks.
Batiactu : Quelles sont les compétences requises ? Quelles sont les études nécessaires ? Mark Whyte : Le secteur de la sûreté dans son ensemble reste toutefois non réglementé sur le plan des qualifications requises, à quelques exceptions près comme pour le gardiennage. En France, il existe de nombreuses formations qui peuvent déboucher sur les métiers de la sûreté. A côté des Masters spécialisés en gestion des risques, il est possible de suivre des qualifications plus spécifiques comme celles délivrées par le Centre national de prévention et de protection (CNPP). Pour les aspects liés à l’ingénierie, des cursus peuvent être suivis au sein d’écoles d’ingénieurs.

D’autres professionnels de l’immobilier comme les architectes ou les experts immobiliers ou 'Chartered Surveyors' peuvent également se spécialiser dans ce domaine.


Batiactu : Quels sont les salaires annuels ?
Mark Whyte :
Un ingénieur diplômé débutant dans un cabinet de conseil en sécurité peut prétendre à une rémunération de départ d'environ 35.000 euros brut par an, qui monte ensuite à environ 55.000 euros brut pour un poste senior et jusqu’à 90-100.000 euros brut au niveau de directeur. Un dirigeant au sein d’un grand cabinet de conseil en ingénierie peut quant à lui s'attendre à un salaire annuel de 120.000 euros brut.

Batiactu : Enfin, quelles sont les mesures pour réduire les risques d’attaques ?
Mark Whyte :
Les professionnels de la conception de systèmes de sécurité travaillent avec le client final pour identifier et analyser les risques stratégiques posés par l’interaction d’un projet de construction avec son environnement politique et réglementaire, ainsi que par les relations avec les partenaires par exemple dans le cadre d’une joint-venture, mais aussi les fournisseurs, les commanditaires et les autres parties prenantes.

Cela implique notamment de réaliser une évaluation des risques associés aux projets, de concevoir une stratégie de sécurité et de fournir un plan directeur au niveau de la sécurité, du risque et de la résilience qui détaille les procédures pour les nouvelles constructions, qu’ils s’agissent de bâtiments individuels ou de villes entières. Le plan doit clairement détailler comment les risques peuvent être réduits et la manière dont les mesures de sécurité et d’intervention d’urgence seront intégrées pour garantir leur fonctionnement optimal pendant toute la durée du projet.

Les professionnels se concentrent également sur l’intégration de dispositifs de sécurité électroniques et physiques dans la conception du projet à travers un processus structuré. Cela concerne plusieurs éléments touchant aux aspects mécaniques, électriques et aux services de gestion du bâtiment (dont notamment la gestion des câbles, la production de chaleur et les besoins énergétiques, les systèmes de contrôle et de surveillance des ascenseurs, l’éclairage, les systèmes de gestion du bâtiment, les systèmes audiovisuels), aux exigences de conception architecturale (conception de la salle de commande, menuiserie, dispositifs de montage d’équipements), ainsi qu’aux exigences structurelles et civiles de conception.

Batiactu : Quels sont donc les nouveaux enjeux ?
Mark Whyte :
Il existe un certain nombre de nouveaux systèmes de surveillance et de détection sur le marché, qui sont arrivés à maturité sur le plan technologique au cours des dix dernières années ; on observe un besoin croissant pour une approche "multi-couches", c'est-à-dire une approche intégrée et à plusieurs niveaux qui trouve un équilibre entre la surveillance, la détection, le durcissement de la sécurité physique et le contrôle d’accès ; une conception efficace de systèmes de sécurité doit se fonder sur une évaluation solide des menaces, des risques et de la vulnérabilité de l’actif ; elle doit comprendre un éventail de mesures visant à réduire à la fois la probabilité et l’impact d’une attaque.


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